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L’excès peut nuire. L’insuffisance aussi.

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L’excès peut nuire. L’insuffisance aussi.

Bruxelles, 31 août 2026.

Dans Het Nieuwsblad, le professeur Kristiaan Demeyer rappelle à juste titre que les compléments alimentaires ne sont pas de la « salade sous forme de pilules ». Associer seize produits sans savoir précisément quelles substances ni quelles doses sont consommées ne constitue pas une stratégie de santé raisonnable. En matière de compléments alimentaires aussi, la qualité, le bon usage et l’accompagnement par un professionnel compétent sont essentiels.

Toutefois, l’image spectaculaire d’une table couverte de flacons ne doit pas occulter une réalité au moins aussi importante.

Aujourd’hui, l’alimentation de la population belge demeure insuffisamment équilibrée. Selon l’Enquête nationale de consommation alimentaire de Sciensano, à peine 7 % des adultes consomment suffisamment de légumes, 10 % suffisamment de fruits, 1 % suffisamment de produits céréaliers complets et 11 % suffisamment de produits laitiers.

Cette situation se traduit directement par des apports alimentaires insuffisants :

  • 70 % de la population n’atteint pas les apports recommandés en folates ;
  • 67 % présente un apport insuffisant en calcium ;
  • 63 % présente un apport insuffisant en vitamine B2 ;
  • 61 % présente un apport insuffisant en vitamine C.

Pour la vitamine D, le constat est encore plus manifeste : la quasi-totalité de la population n’atteint pas les apports recommandés par l’alimentation, tandis que les analyses sanguines confirment qu’environ 45 % des adultes présentent effectivement une carence.

Les femmes, les adolescents et les personnes ayant un niveau d’instruction moins élevé sont particulièrement concernés. En outre, la situation s’est détériorée depuis 2014 pour plusieurs nutriments.

La conclusion à en tirer n’est donc pas que chacun devrait consommer davantage de compléments alimentaires de manière indiscriminée. Mais il serait tout aussi erroné de considérer que ceux-ci ne sont utiles qu’après le diagnostic d’une carence clinique.

L’amélioration de l’alimentation demeure toujours la première ligne de défense. Lorsque celle-ci ne suffit pas à couvrir les besoins, des compléments alimentaires de qualité, correctement dosés, peuvent constituer un apport légitime et utile — adapté aux besoins individuels et, lorsque cela s’avère nécessaire, accompagné des conseils d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un autre professionnel de santé qualifié.

Le véritable débat ne consiste donc pas à être pour ou contre les compléments alimentaires, mais à promouvoir un usage ciblé, responsable et éclairé.

Tel est précisément le message du rapport publié la semaine passée par be-sup sur la base des données de Sciensano.